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La tenaille taux-pétrole limite les initiatives boursières
information fournie par Les sélections de Roland LASKINE 25/09/2026 à 14:07
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Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Un trader vu de dos (Crédits: Adobe Stock)

Le 25 septembre 2026

Désolé, mais il va falloir revenir sur les sujets qui fâchent. Nous avions ouvert notre chronique du 11 septembre sur l'inquiétude suscitée par la hausse des taux d'intérêt lorsque ceux-ci avaient atteint la barre des 4,5% sur les emprunts d'État français à 10 ans. Cette semaine, ils se sont furtivement hissés jusqu'à 4,90%, du jamais vu depuis la crise de l'euro de 2008. Non seulement la France emprunte aujourd'hui plus cher que la Grèce, mais notre situation financière est jugée plus grave encore, pour la simple raison que la dette grecque n'excédait pas 310 milliards d'euros en 2010. Un montant, somme toute assez faible, qu'il a été facile de refinancer avec l'aide de la BCE et des 26 autres pays de la zone euro. A plus de 3.500 milliards d'euros, la dette française est bien trop lourde pour que quiconque vienne à notre secours.

En ce sens, il n'est pas déraisonnable de considérer que la France se trouve dans une situation plus difficile que celle de nos amis helvétiques seize années auparavant. La totalité de nos emprunts n'atteint certes pas le niveau de 144% du PIB de la Grèce en 2010, mais avec l'approche des élections présidentielles, une période peu favorable à la mise en place d'un plan de rigueur, sa trajectoire pourrait nous conduire tout droit vers les 120% dans les mois à venir. Dès lors, si des mesures d'économies radicales ne sont rapidement pas annoncées, les 5% nous pendent au nez comme « un sifflet de quatre sous », selon l'expression bien connue de nos grands-mères !

laskine

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Les investisseurs l'ont bien compris. Les actions françaises sont regardées avec une certaine méfiance. Loin de se résorber, le décrochage du CAC 40 par rapport aux autres places boursières de la zone euro ne cesse de s'accentuer. L'indice parisien est désormais dans le rouge depuis le début de l'année, alors que l'Eurostoxx 60 progresse de 8,4% sur la même période. A ce niveau, les différences induites par les spécificités de la cote française, dominée par les valeurs du luxe et les financières, ne peuvent suffire à expliquer le retard accumulé. Sur le marché obligataire, des manœuvres contre la dette française ne sont plus à exclure.

La progression de l'écart de taux entre les taux à 10 ans français et allemand à 111 points de base mercredi dernier, au plus haut depuis mi-2012, constitue un premier indice. L'agence de presse Bloomberg a révélé que deux grandes banques, américaine et allemande, très actives sur les marchés internationaux, proposent désormais d'investir dans un panier d'obligations françaises afin de parier sur un retour en grâce (à l'achat) ou de se protéger (à la vente) contre de nouvelles tensions sur les taux avec l'approche de l'élection présidentielle de 2027.

laskine

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Avec un tel produit, il est facile de comprendre qu'en se positionnant à la vente, sans posséder les titres en question, ce panier permet de jouer directement à la baisse sur la dette française. Quand on sait que plus de la moitié des emprunts français nouvellement émis sont aujourd'hui souscrits par des edge funds, on est en droit de s'interroger sur la solidité des mains qui portent notre « papier ».

Autant dire que ce contexte est peu favorable aux détenteurs de portefeuilles PEA généralement très exposés sur les actions françaises. Dès lors, nous n'avons pas mis en œuvre la stratégie de renforcement des positions que nous avions annoncée la semaine dernière. L'objectif était, rappelons-le, de réduire la part des liquidités que nous avions porté, à titre exceptionnel, autour de 40% de l'actif. Cette semaine, nous n'avons donc procédé à aucun arbitrage dans le portefeuille Défensif, ni dans les sélections d'ETF Monde et ISR/PEA. Nous avons en revanche pris nos bénéfices sur les actions Soitec et STMicroelectronics qui avaient beaucoup monté.

Ces deux titres ont été remplacés par deux banques néerlandaises, ABN Amro et ING Group, bien placées pour profiter de la hausse des taux d'intérêt à long terme. Ce n'est hélas pas le cas des établissements financiers français. Ceux-ci sont solides et faiblement valorisés, mais ils sont jugés vulnérables à un risque d'incident sur la dette française.

Les différents arbitrages auxquels nous avons procédé ces derniers mois et la stratégie plus récente de « dépondération » des actions françaises au sein des portefeuilles, énoncée dans notre compte rendu de rentrée daté du 28 août, ont porté leurs fruits. La hiérarchie des performances de nos portefeuilles n'a pas changé : l'Offensif conserve une bonne avance de 25,2% depuis le début de l'année grâce à son orientation dirigée vers la « tech » européenne et l'énergie. Viennent ensuite, la sélection d'ETF Monde et notre sélection de fonds ISR/PEA à plus de 6,5%. Le portefeuille Défensif doit se contenter d'un gain modeste de 5,2% depuis le 1er janvier.

Quelle stratégie pour le mois d'octobre ? Nous sommes pris en étau entre les problèmes créés par la dissolution de l'Assemblée nationale intervenue en juin 2024 et notre entrée en période pré-électorale.

Un contexte peu propice à la mise en place des réformes audacieuses que réclament implicitement les marchés financiers pour continuer de nous financer. Toutefois, pour dresser un panorama complet de la situation, il faut préciser que la France n'est pas le seul pays touché par la hausse tendancielle des rendements obligataires. Les taux d'intérêt étant tombés à la fin de l'année 2000 dans une zone proche du zéro absolu dans à peu près tous les pays de la zone euro, une remontée était inévitable. Depuis cette date, les rendements obligataires n'ont cessé de se tendre chez tous nos voisins, au point que nous sommes désormais entrés dans la plus longue période de correction de l'histoire du marché obligataire. Les Etats-Unis ne sont pas en reste, avec un taux à 30 ans au plus haut depuis 2004.

Pour l'heure, le durcissement des conditions de financement est toujours attisé par la hausse du prix du pétrole qui se répercute sur toute la chaîne des prix à la production et à la consommation. Toutefois, nous le répétons dans à peu près les mêmes termes que la semaine dernière, il suffit d'une accalmie sur le front iranien pour que les choses rentrent rapidement dans l'ordre. Nous nous tenons donc prêts à repartir à la pêche aux bonnes affaires sur l'ensemble de la cote européenne avec un biais inchangé : celui-ci est toujours orienté vers les valeurs technologiques qui n'en ont pas fini de bénéficier du développement de l'IA et une recherche active de valeurs de qualité revenues à des niveaux de cours attractifs.

Bonne lecture et bon week-end à tous,

Roland Laskine

2 commentaires

  • 15:36

    "nos amis Helvétiques" ahahah helléniques peut-être...


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